File de camions à Calais

Après le Brexit : les lendemains qui déchantent. Le Royaume-Uni à la recherche d’un nouvel élan

Philippe Ward Dix ans après le référendum de 2016 et plus de cinq ans après sa sortie du marché unique, le Royaume-Uni ne ressemble ni à la Global Britain promise par les zélateurs du Brexit, ni au champ de ruines prédit par ses opposants les plus radicaux. En ce mois d’avril 2026, l’heure est à une normalisation laborieuse : un réalignement pragmatique mais difficile avec le bloc européen, sur fond de ralentissement économique et de fragmentation politique. ...

22 juin 2026 · 6 min · Philippe Ward

Les résultats du dernier Conseil européen. Entretien avec Pier-Virgilio Dastoli

Quel jugement portez vous après la réunion du dernier Conseil européen informel, la défaite d’Orbán et le changement de gouvernement en Bulgarie ? Les équilibres politiques ont-ils changé ? Les équilibres ont seulement changé en partie. Nous devons voir quelles priorités politiques Magyar, le nouveau Premier ministre hongrois, va mettre en œuvre. Et je tiens d’ailleurs à rappeler que, jusqu’à il y a deux ans, il faisait partie du même parti qu’Orbán. Certaines choses se sont débloquées, comme le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, puisque le veto d’Orbán a disparu. Il y a cependant d’autres questions sur lesquelles il faut comprendre quelle sera la ligne du nouveau gouvernement. D’ailleurs, Orbán n’a pas participé au dernier Conseil européen, alors que Magyar n’était pas encore officiellement nommé : la Hongrie n’était donc pas représentée, tandis que pour la Bulgarie, ce sont encore les sortants qui étaient présents, en attendant la formation du nouveau gouvernement. ...

25 mai 2026 · 9 min · Pier Virgilio Dastoli

L'Europe et le pétrole : l'Arctique en danger ?

Giuseppe Sacco Avec une désinvolture inhabituelle, le Financial Times a publié en première page un article fondé non sur des informations vérifiées, comme c’est pourtant la tradition du quotidien londonien, mais sur la base de rumeurs, d’indiscrétions et de fuites provenant de Bruxelles et d’Oslo, mais qui ont certainement été lues avec grand intérêt à Berlin. Selon des sources communautaires, ou du moins proches de celles-ci, les dirigeants de l’Union européenne envisageraient sérieusement la possibilité de renier davantage - après d’autres décisions, comme par exemple le report de la date à partir de laquelle il ne sera plus possible de commercialiser des voitures à moteur thermique - l’un des principaux éléments qui caractérisent la vision actuelle du monde, de ses problèmes et des défis politiques telle qu’elle s’est construite au cours des cinquante dernières années : la sensibilité environnementale. Dans le cadre d’un véritable tournant, ils évalueraient ainsi l’intérêt et l’opportunité d’abandonner leur opposition à l’exploitation pétrolière de la zone arctique. ...

27 avril 2026 · 7 min · Giuseppe Sacco

Adhérer ou ne pas adhérer ? La Roumanie, l’euro et la recette bulgare

Ioan-Victor Popa Novembre 2025 : les élections présidentielles et législatives en Roumanie surprennent l’Europe. La percée de l’extrême droite aux législatives et l’accession au second tour des présidentielles (finalement annulées par la Cour constitutionnelle roumaine) d’un personnage assez obscur, aux idées farfelues, ont marqué une rupture profonde et brusque avec un paysage politique surtout caractérisé par la stabilité. Le statu quo défini par l’alliance entre le Parti social-démocrate (PSD) et le Parti national libéral (PNL) a subi alors un choc inattendu, d’autant plus que le candidat social-démocrate, Marcel Ciolacu, n’est pas arrivé au deuxième tour, une première dans l’histoire du parti. Le Parlement devient assez morcelé, l’ancienne alliance entre le PSD et le PNL ayant besoin de chercher de nouveaux alliés. ...

26 avril 2026 · 8 min · Ioan-Victor Popa

La défaite d’Orbán : une rupture géopolitique majeure

La défaite de Viktor Orbán revêt une dimension géopolitique évidente. Depuis seize ans, il avait installé en Hongrie un modèle pour l’extrême droite européenne et américaine. Donald Trump lui-même s’en était inspiré. Ce modèle, qualifié de “démocratie illibérale”, évoluait progressivement vers une forme de régime autoritaire. Sa chute constitue donc aussi une nouvelle défaite symbolique pour Trump. Le régime d’Orbán était devenu profondément impopulaire. Cette impopularité est particulièrement forte chez les moins de 30 ans : 65 % d’entre eux ont voté pour le parti Tiza de l’opposition, et seulement 15% pour Orbán. Il y a une coupure de génération forte: les jeunes souffrent d’un chômage structurel et l‘émigration pour chercher un emploi est forte. D’autres facteurs convergents expliquent la défaite prévisible d’Orbán. Dès les années 2010, celui-ci affichait clairement son ambition de transformer la Hongrie. Comme le soulignait Steve Bannon, idéologue de la mouvance MAGA, c’était « un Trump avant Trump ». La première étape de cette transformation fut le contrôle des médias : aujourd’hui, près de 85 % des médias hongrois sont sous influence gouvernementale. Après les médias publics, les rares organes privés indépendants ont été progressivement ciblés. La jeunesse a pu utiliser une contre information grâce à internet. La justice a perdu toute indépendance. C’est la cible principale des gouvernements d’extrême droite avec la presse. ...

13 avril 2026 · 4 min · Eric Djabiev

Où en est la Roumanie, un an après l’élection de Nicușor Dan ?

À la mi-mars, la Roumanie a signé, avec l’Autriche, la Croatie, la Grèce, l’Italie, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil, António Costa, demandant une révision urgente des échéances fixées par le plan de transition énergétique. Ce sujet, en apparence très technique, réunit un groupe d’États aux intérêts particuliers : certains affichent une hostilité manifeste envers les institutions européennes dans leur configuration actuelle (le cas extrême étant celui d’Orbán, qui fonde sa campagne électorale sur des vidéos générées par intelligence artificielle où l’UE et l’Ukraine sont présentées comme des ennemis publics) ; d’autres ont des intérêts économiques directs, liés à la nature de leur consommation ou à des projets d’infrastructure, fortement incompatibles avec les échéances adoptées au niveau européen. ...

5 avril 2026 · 4 min · Raluca Alexandrescu

L'Espagne sauve l’honneur de l’Europe

Le monde entier découvre aujourd’hui Pedro Sánchez, le leader socialiste espagnol qui dirige une coalition d’union de la gauche. Son « non à la guerre » en Iran résonne comme un signal retentissant d’alerte face au danger mortel qui menace le système de sécurité collective mis en place en 1945. L’ONU, dont le vrai nom est « Organisation des Nations unies contre le fascisme » devait empêcher toute nouvelle guerre. ...

21 mars 2026 · 5 min · Eric Djabiev