La signature de l'accord entre Arabie Saoudite, Pakistan et Turquie

L’OTAN du Golfe et l’évolution du Pacte atlantique

Au cours de l’été mouvementé qui vient de s’achever, une nouvelle est quelque peu passée sous silence, alors qu’il s’agit de l’événement géopolitique de l’année : le pacte signé le 7 août dernier à La Mecque entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. La première puissance pétrolière et religieuse par excellence (le lieu où s’est tenue la rencontre n’est évidemment pas dû au hasard), la deuxième puissance militaire de l’OTAN et un pays doté de l’arme atomique ont en effet uni leurs forces, décrétant de fait la fin de l’hégémonie américaine en matière de défense et de règlement des différends internationaux. Après tout, le trumpisme n’est rien d’autre qu’une doctrine isolationniste qui s’est transformée, au cours du second mandat, en un régulateur de la circulation dépourvu de stratégie ou, pis encore, animé uniquement par les intérêts personnels et économiques de son dominus. Ce qui fait donc défaut à l’Amérique contemporaine, ce n’est même pas la volonté de jouer un rôle dans le monde, mais la capacité de le faire, prise en étau entre la doctrine de Bannon, inspirée par l’America First et le paléo-conservatisme des années vingt auquel se réfère son inspirateur, l’interventionnisme modéré de Vance, le « plouc » devenu vice-président avec de manifestes ambitions présidentielles, et l’interventionnisme de Rubio, le secrétaire d’État d’origine cubaine qui, des trois, est le plus proche de l’ancienne doctrine du GOP de Reagan et des Bush, aujourd’hui cependant supplantée par la nouvelle ligne MAGA. ...

28 septembre 2026 · 7 min · Roberto Bertoni

Un pas en arrière avant le piège

Giuseppe Sacco Comme on pouvait s’y attendre, à peine une heure avant l’échéance fixée par Donald Trump pour «déchaîner l’Enfer», les États-Unis ont annoncé une nouvelle trêve avec l’Iran. Un événement facile à prévoir, compte tenu de la conjoncture internationale dans laquelle une position tout à fait déterminante est occupée par un président-bouffon, dont la véritable vocation est celle d’un spéculateur capable de tirer un profit personnel des brusques évolutions boursières. Des évolutions, elles aussi faciles à anticiper, puisqu’il peut lui-même les provoquer en vertu du rôle politique auquel les Américains l’ont imprudemment élu. ...

16 avril 2026 · 6 min · Giuseppe Sacco

La Syrie post-Assad sous la direction d’al-Julani, entre instabilité et reconstruction

La chute du régime de Bachar al-Assad, en décembre 2024, a marqué un tournant dans l’histoire récente de la Syrie, ouvrant une phase caractérisée par une profonde incertitude mais aussi par des changements potentiels. Dans ce nouveau contexte, Abu Mohammad al-Julani, aujourd’hui connu sous le nom d’Ahmed al-Sharaa, s’est imposé comme une figure centrale dans le processus de transition du pays. Son parcours témoigne d’une évolution importante, non seulement sur le plan personnel, mais aussi pour la dynamique politique syrienne plus large, marquée par le passage d’une approche insurrectionnelle à une structure de gouvernance encore en cours de définition. Comprendre le rôle actuel d’al-Sharaa nécessite donc de retracer le chemin qu’il a emprunté pour consolider son pouvoir durant la guerre en Syrie. Dans ce processus, al-Sharaa n’a pas seulement renforcé son autorité, mais il a également transformé progressivement la nature de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), l’organisation qu’il dirige. ...

8 avril 2026 · 10 min · Valentina Cannito
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Le retour des Pahlavi: une bonne idée pour l’unité de l’Iran?

Eric Djabiev L’Iran est un ensemble politique où la dimension ethno-confessionnelle est essentielle. La tradition millénaire de l’empire perse reposait sur la tolérance à l’égard de toutes les minorités. L’empereur perse le plus puissant, Darius Ier, se présentait comme « le roi du pays de toutes les ethnies ». Cette phrase est gravée sur sa tombe à Suse (Shush), en 486 av. J.-C. Cette tradition de tolérance a été rompue en 1928 au profit d’un système hypercentralisé de répression des minorités. ...

19 mars 2026 · 5 min · Eric Djabiev