
L’OTAN du Golfe et l’évolution du Pacte atlantique
Au cours de l’été mouvementé qui vient de s’achever, une nouvelle est quelque peu passée sous silence, alors qu’il s’agit de l’événement géopolitique de l’année : le pacte signé le 7 août dernier à La Mecque entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. La première puissance pétrolière et religieuse par excellence (le lieu où s’est tenue la rencontre n’est évidemment pas dû au hasard), la deuxième puissance militaire de l’OTAN et un pays doté de l’arme atomique ont en effet uni leurs forces, décrétant de fait la fin de l’hégémonie américaine en matière de défense et de règlement des différends internationaux. Après tout, le trumpisme n’est rien d’autre qu’une doctrine isolationniste qui s’est transformée, au cours du second mandat, en un régulateur de la circulation dépourvu de stratégie ou, pis encore, animé uniquement par les intérêts personnels et économiques de son dominus. Ce qui fait donc défaut à l’Amérique contemporaine, ce n’est même pas la volonté de jouer un rôle dans le monde, mais la capacité de le faire, prise en étau entre la doctrine de Bannon, inspirée par l’America First et le paléo-conservatisme des années vingt auquel se réfère son inspirateur, l’interventionnisme modéré de Vance, le « plouc » devenu vice-président avec de manifestes ambitions présidentielles, et l’interventionnisme de Rubio, le secrétaire d’État d’origine cubaine qui, des trois, est le plus proche de l’ancienne doctrine du GOP de Reagan et des Bush, aujourd’hui cependant supplantée par la nouvelle ligne MAGA. ...


