La défaite d’Orbán : une rupture géopolitique majeure

La défaite de Viktor Orbán revêt une dimension géopolitique évidente. Depuis seize ans, il avait installé en Hongrie un modèle pour l’extrême droite européenne et américaine. Donald Trump lui-même s’en était inspiré. Ce modèle, qualifié de “démocratie illibérale”, évoluait progressivement vers une forme de régime autoritaire. Sa chute constitue donc aussi une nouvelle défaite symbolique pour Trump. Le régime d’Orbán était devenu profondément impopulaire. Cette impopularité est particulièrement forte chez les moins de 30 ans : 65 % d’entre eux ont voté pour le parti Tiza de l’opposition, et seulement 15% pour Orbán. Il y a une coupure de génération forte: les jeunes souffrent d’un chômage structurel et l‘émigration pour chercher un emploi est forte. D’autres facteurs convergents expliquent la défaite prévisible d’Orbán. Dès les années 2010, celui-ci affichait clairement son ambition de transformer la Hongrie. Comme le soulignait Steve Bannon, idéologue de la mouvance MAGA, c’était « un Trump avant Trump ». La première étape de cette transformation fut le contrôle des médias : aujourd’hui, près de 85 % des médias hongrois sont sous influence gouvernementale. Après les médias publics, les rares organes privés indépendants ont été progressivement ciblés. La jeunesse a pu utiliser une contre information grâce à internet. La justice a perdu toute indépendance. C’est la cible principale des gouvernements d’extrême droite avec la presse. ...

13 avril 2026 · 4 min · Eric Djabiev

Où en est la Roumanie, 11 mois après l’élection de Nicușor Dan ?

À la mi-mars, la Roumanie a signé, avec l’Autriche, la Croatie, la Grèce, l’Italie, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil, António Costa, demandant une révision urgente des échéances fixées par le plan de transition énergétique. Ce sujet, en apparence très technique, réunit un groupe d’États aux intérêts particuliers : certains affichent une hostilité manifeste envers les institutions européennes dans leur configuration actuelle (le cas extrême étant celui d’Orbán, qui fonde sa campagne électorale sur des vidéos générées par intelligence artificielle où l’UE et l’Ukraine sont présentées comme des ennemis publics) ; d’autres ont des intérêts économiques directs, liés à la nature de leur consommation ou à des projets d’infrastructure, fortement incompatibles avec les échéances adoptées au niveau européen. ...

5 avril 2026 · 4 min · Raluca Alexandrescu